Bienvenue sur Euro TMT L'actualités des télécoms, médias et technologies - Si vous souhaitez recevoir la Lettre et la Quotidienne EUROTMT et rejoindre nos abonnés parmi lesquels nous comptons les grands acteurs : Alcatel, Canal Plus,France Télécom, Vivendi, Lagardère, Bouygues, Neuf Cegetel, BT Group, Netgem, Exalead Et d'aures... N'hésitez pas à complèter et nous envoyer le bulletin d'abonnement.

L’étrange pari de Bouygues Telecom


Si Martin Bouygues ne cesse pas, depuis neuf mois, de maugréer contre le « coucou » Free Mobile et les facilités qui lui ont été accordées lors de l’attribution de la licence 3G par l’Arcep et le Premier ministre de l’époque, pour lui permettre de casser les prix et de tirer vers le bas le marché de la téléphonie mobile, les dirigeants de sa filiale télécoms ont, manifestement, décidé de suivre Free sur le terrain de la guerre des prix et d’accroître ainsi la pression sur les deux principaux acteurs du marché (Orange et SFR).

Ainsi, après avoir aligné très rapidement les tarifs (et les services) de son offre SIM Only B&Y sur ceux du forfait illimité de Free Mobile, Bouygues Telecom vient de commercialiser une toute nouvelle carte prépayée aux tarifs très agressifs par rapport à ceux pratiqués par les opérateurs. Surtout, cette carte prépayée revient sur une règle mise en œuvre par les opérateurs il y a quelques années pour éviter les abus et la manipulation des bases d’abonnés : elle est sans limite de validité ! Selon l’opérateur, il suffit de passer un coup de fil ou d’envoyer un SMS par an, pour ainsi conserver son numéro de téléphone. Comme cette nouvelle offre commerciale affiche des tarifs trois fois moins chers (pour la voix) que ceux des offres de la concurrence (et deux fois moins chers pour les SMS), Bouygues Telecom compte, manifestement, siphonner une partie de la clientèle prépayée de ses concurrents, tout en améliorant sa position concurrentielle dans l’entrée de gamme face à Free Mobile. Le forfait à 2 euros (60 minutes de communications et 60 SMS par mois) lancé en janvier par le quatrième opérateur mobile a complètement bouleversé le marché de la carte prépayée : en six mois, ce segment de marché a perdu plus de 1,2 million de clients, selon les chiffres à fin juin de l’observatoire de la téléphonie mobile de l’Arcep ! Alors que les opérateurs mobiles n’avaient pas réagi, en termes de tarifs, sur leurs offres d’entrée de gamme, Bouygues Telecom a donc jugé, peut-être, intéressant d’être le premier à bouger sur ce créneau. Ce qui peut paraître une bonne idée, une grande partie de ce marché du prépayé s’adressant aux personnes non bancarisées, qui ne peuvent donc pas souscrire à l’offre de Free Mobile.

Mais, c’est la forme de l’initiative prise par la filiale du groupe de BTP et communications qui surprend : cette nouvelle carte prépayée n’est pas commercialisée sous la marque Bouygues Telecom, mais sous la marque B&Y ! Quel est l’intérêt pour l’opérateur de commercialiser cette offre sous sa marque low-cost, tout en maintenant son offre prépayée traditionnelle sous la marque phare ? Non seulement, l’opérateur organise une concurrence interne qui peut paraître coûteuse en termes d’image, mais il ne se simplifie pas sa gestion (et donc ses coûts) ce qui peut paraître contradictoire avec sa volonté affichée de réduire les coûts opérationnels pour se redonner de la marge de manœuvre financière face à Free. De plus, à force de miser sur B&Y pour s’en tirer commercialement face au quatrième opérateur mobile, Bouygues Telecom prend le risque d’avoir à gérer une situation intenable à terme en matière tarifaire, entre ses deux gammes d’offres. Enfin, autre originalité : la carte SIM ne sera disponible qu’en ligne. Ce qui peut paraître surprenant, une part du marché adressable n’ayant pas forcément accès à Internet. Cette restriction à la vente de la carte SIM peut paraître d’autant plus surprenante que Bouygues Telecom indique que les recharges seront, elles, commercialisées dans les réseaux traditionnels (50 000 points de vente).

 

La Quotidienne
La Lettre Euro TMT
  • EuroTMT numéro 211
    Au sommaire du numéro 211 d’EuroTMT, un dossier spécial de 12 pages : bilan 2012 En Une Edito : C’est la faute d’Internet ! Têtes d’affiche Jean-Ludovic Silicani (Arcep) ...
A la une de la lettre
  • Compte à rebours
    Tic tac, tic tac… Le compte à rebours est déclenché depuis quelques années, mais q...
  • EuroTMT numéro 212
    Au sommaire du numéro 212 d’EuroTMT : un dossier spécial « Le jour d’après &ra...
  • Constat d’impuissance
    Depuis près de six ans, c’est l’un des deux principaux sujets qui agitent le petit monde des t&eac...