Mobile : couacs en série en Inde
Quatre mois après l’annulation par la haute cour de justice indienne des licences de téléphonie mobile 2G attribuées frauduleusement en 2008, le gouvernement indien a décidément bien du mal à mettre au point le processus d’attribution des fréquences. Depuis la publication, il y a quelques jours, des nouvelles modalités, notamment tarifaires, les opérateurs multiplient en effet les menaces de recourir à la justice pour faire annuler tout le processus. En cause, le prix plancher fixé par le gouvernement aligné sur le prix des licences 3G attribuées l’an dernier. Or les opérateurs font valoir que ce tarif va limiter la concurrence, empêchant notamment les opérateurs étrangers (comme Telenor) qui avaient vu leurs licences annulées, de ne pas pouvoir concourir, mais il les obligerait aussi à relever les prix de détail des communications, allant ainsi à l’encontre des objectifs de maintenir des offres accessibles au plus grand nombre.
Une levée de boucliers qui a amené le gouvernement et les autorités de tutelles à revoir le processus d’attribution. Si l’abandon de la hausse du prix n’a pas été clairement annoncée, les autorités se sont prononcées en faveur d’un abandon de l’objectif de maximiser les recettes encaissées par l’Etat, remplacé par un nouvel objectif tarifaire prenant en compte d’autres critères (notamment de couverture). Mais, l’ensemble des modalités d’attribution ne devrait être définitivement arrêté que la semaine prochaine, l’ouverture des enchères devant intervenir début juillet. En attendant, les opérateurs mobiles multiplient donc les pressions, d’autant plus que cette hausse du prix inquiète aussi les opérateurs qui ont obtenu leurs premières licences dans les années 90. Ces fréquences doivent être renouvelées dans les deux-trois années qui viennent. Si le gouvernement maintenait une augmentation sensible des tarifs, ils devraient prendre en compte cette hausse, alors que la rentabilité des opérateurs indiens demeure fragile en raison de la guerre des prix à laquelle ils se sont livrés dans les années passées. Jusqu’à présent, les autorités indiennes ont tout fait pour favoriser l’émergence d’une concurrence nombreuse, au sein de chacune des 22 régions définies par la réglementation télécoms.