Deutsche Telekom à l’économie
Les réactions des analystes financiers et des investisseurs sont, bien souvent, surprenantes. Prenez le cas Apple : alors que le groupe californien a publié des comptes brillants, mais un peu inférieurs aux prévisions très optimistes des analystes, son cours en bourse a été attaqué dans la foulée de la publication de ses trimestriels. Prenez aussi Deutsche Telekom qui publiait ses comptes du troisième trimestre jeudi 10 septembre : après des jours de baisse, le cours était en hausse à l’ouverture de la bourse durant cette même journée. Pour quelle raison ?
Les réactions positives des analystes à la lecture du communiqué financier publié par l’opérateur historique allemand : « c’est l’arrêt de la dégradation » jugeaient-ils en cœur, avant même d’assister à la conférence organisée par les dirigeants, incitant ainsi les investisseurs à se repositionner sur le titre. Pourtant, cet arrêt de la dégradation de Deutsche Telekom n’est pas forcément visible pour un non-initié. Certes, les comptes trimestriels sont, à peu près, en ligne avec les attentes des analystes. Mais tous les signaux semblent encore au rouge ou, au mieux, à l’orange. Dans le détail, cela donne un recul du chiffre d’affaires trimestriel de 4,1 % à 10,990 milliards d’euros (hors USA) et de 6 % à 14,670 milliards (avec les Etats-Unis). Mais, l’Ebitda ne se replie que de 2,7 % à 3,887 milliards dans le premier cas, et de 2,3 % dans le second cas. Ce qui permet à la marge d’Ebitda d’amorcer sa remontée : elle atteint 35,34 % contre 34,88 % un an plus tôt (sans les USA) et 33,45 % contre 32,18 % avec la filiale américaine. En fait, il semblerait que les analystes financiers et les investisseurs aient réagi positivement à la lecture de ses comptes pour saluer la capacité de l’opérateur allemand à mettre en œuvre son plan de réduction de coûts et de s’y tenir malgré la forte dégradation de la conjoncture en Europe, et plus particulièrement en Europe du Sud. C’est le cas aux Etats-Unis où T-Mobile USA a vu son Ebitda progresser de 9,2 % en un an alors que sur la même période son chiffre d’affaires est en recul de 1,8 %.
D’autre part, l’opérateur mobile américain, malgré la poursuite des pertes d’abonnés postpayés (186 000 désabonnements au troisième trimestre, un niveau réduit par rapport aux trimestres précédents) arrive à maintenir un revenu moyen par abonné quasiment stable d’un trimestre sur l’autre à 45 dollars (46 dollars à fin septembre 2010). C’est aussi le cas en Allemagne où l’opérateur a réussi à diminuer ses dépenses opérationnelles de 7,8 % sur un an, compensant ainsi le recul de 5 % de son chiffre d’affaires domestique. Autre surprise en Allemagne : après plusieurs trimestres de baisse de son parc d’abonnés mobiles, l’opérateur a regagné près de 200 000 clients, grâce à un gain de 466 000 abonnés sur le marché grand public. En fait, en neuf mois, Deutsche Telekom a réussi à diminuer sa base de coûts opérationnels de 3,9 milliards d’euros (dont près de 1,5 milliard au troisième trimestre) sur un programme de 4,2 milliards censé s’étaler sur trois ans ! Le tout sans toucher à ses effectifs qui progressent de près de 12 000 salariés sur un an (à plus de 250 000).