Claude Perdriel, offensif
A 84 ans, le fondateur et actionnaire du Nouvel Observateur n’a rien perdu de son amour pour la presse. Prenant tout le monde par surprise, Claude Perdriel s’est lancé dans les grandes manœuvres pour tenter de prendre le contrôle du quotidien Le Monde, dont il est déjà actionnaire (1,75 % du capital). Une opération qu’il avait déjà tentée quand le journal était dirigé par Jean-Marie Colombani, dont il était proche. Si l’opération n’avait pas abouti à l’époque, peut-elle aujourd’hui réussir ? Rien n’est moins sûr.
Certes, un rachat par Le Nouvel Obs serait certainement soutenu par la rédaction, rassurée par l’arrivée du patron du Nouvel Obs connu pour la grande indépendance éditoriale laissée à ses équipes. Mais Claude Perdriel devra d’abord convaincre deux actionnaires de poids : le groupe Lagardère et Prisa, qui détiennent un droit de veto sur tout changement capitalistique du groupe. Or Prisa est lui aussi candidat à la reprise du quotidien et le groupe Lagardère détient une clause de sortie en cas de changement de contrôle, qui pourrait se monnayer très chère.
De plus, le groupe de presse constitué autour du Monde a besoin, très rapidement, d’argent frais : au moins 50 millions d’euros. Certes, Claude Perdriel a constitué une petite fortune avec son entreprise SFA, l’inventeur du sanibroyeur : Challenges, son propre hebdomadaire économique, évalue sa fortune à 150 millions d’euros. Mais insuffisante pour faire face à la totalité de la facture. D’ailleurs, selon des sources financières, Claude Perdriel aurait le soutien d’un investisseur pour boucler le financement de la reprise.