Sergey Brin, chinoiseries
Il n’y a rien à redire, Sergey Brin manie à la perfection le fameux « humour juif ». Après avoir juré la main sur le cœur qu’il abandonnait la route de la soie pour protester contre la censure, le co-fondateur de Google installe ses quartiers à Hong-Kong, l’ancienne colonie britannique récupérée par Pékin en 2004. Une pirouette qui va permettre au moteur de recherche de ne pas vraiment lâcher un morceau prometteur.
D’autant, que les équipes commerciales chargées des ventes continueront à œuvrer à l’ombre de la grande Muraille et que le département de la recherche et du développement restera ouvert. En clair, les quelques 600 salariés du groupe employés dans l’empire du Milieu, ne seront pas mis à pied. Du coup, Google quitte la Chine mais pas les Chinois ! Pour l’heure, Pékin réagit prudemment et qualifie la décision de Google « de choix isolé dans le panorama commercial des entreprises étrangères implantées en Chine ». Reste le fait que le retrait partiel de Google risque quand même de poser problème à Sergey Brin.
En déménageant à Hong Kong, le fils de réfugiés soviétiques qui avaient enjambé le rideau de fer en 1979, rend un sacré service à ses concurrents. A commencer par Baidu qui détient déjà plus de 60 % des parts du marché, soit le double de Google. Mais la messe n’est pas encore dite. Si le départ de Chine répond en partie aux vœux de l’opinion publique américaine qui se dit choquée par la censure, Sergey Brin est toutefois assez rompu au jeu des affaires pour ne pas risquer de tout perdre. Pour preuve, le déménagement à Hong-Kong qui échappe aux contrôles et à la censure chinoise bien que faisant partie de l’empire du Milieu.