Les défis de TeliaSonera
C’est une annonce qui n’est pas faite pour arranger les affaires de TeliaSonera. Le gouvernement suédois a expliqué récemment qu’il recherchait un accord structurant à l’occasion de la cession de sa participation de 37 % dans l’opérateur nordique. Reste à savoir ce que cela signifie. Car un candidat s’est déjà manifesté : Altimo. C’est d’autant plus ironique que le groupe russe est en conflit avec TeliaSonera, en particulier autour de Turkcell, dont il a récupéré une participation que la société Cukurova devait vendre initialement à TeliaSonera. Altimo, contrôlé par l’oligarque Mikhail Fridman, proche du Kremlin, tente la même opération avec Telenor, avec lequel il est aussi en conflit, cette fois en Ukraine. Il serait prêt à échanger ses actifs contre des parts. Il pourrait de faire en prendre le contrôle.
Le gouvernement suédois a-t-il intérêt à conclure un accord avec des acteurs russes autour de TeliaSonera ? Les investisseurs sont plutôt réticents. Stockholm a compris le message puisqu’il semble repousser les avances d’Altimo, qui prétendait vouloir créer un géant européen capable de concurrencer Vodafone. Des spécialistes du secteur évoquent d’autres pistes mais le choix est restreint. Un rapprochement avec Telenor conduirait les autorités à exiger des cessions d’actifs conséquentes. Même chose, mais à un degré moindre, avec Tele2, qui cherche aussi une stratégie, ou TDC. Restent d’autres acteurs comme Deutsche Telekom, qui semble reprendre le chemin de la croissance externe, ou France Télécom. En revanche, la venue de géants américains est jugée peu probable en raison de la faiblesse du dollar face à l’euro. Mais ces mouvements spéculatifs ne sont d’aucun secours. D’ailleurs, le cours de bourse fait du surplace depuis le début de l’année et il accuse même un recul de 17 %par rapport à son plus haut niveau de l’année (68 euros) atteint en avril dernier. Et ce malgré une politique de dividende généreuse avec un taux de distribution de 30 %à 50 %sans compter le versement de 10 milliards de couronnes suédoises supplémentaires. En outre, le groupe a confirmé à plusieurs reprises que le profit net de l’année 2007 serait supérieur à celui de 2006 hors exceptionnels. Tout cela est aussi sans effet sur l’évolution du titre. Pour retrouver la confiance des marchés, l’opérateur doit d’abord compter sur ses performances. Or, la situation n’est pas favorable. Les résultats du deuxième trimestre n’ont pas été bons et le conseil d’administration a limogé le directeur général, Anders Igel, en expliquant qu’il voulait un dirigeant « plus visionnaire ». Cette charge incombe à Lars Nyberg, qui a pris ses fonctions le 3 septembre. Cet ancien président de Il s’est attelé à la préparation d’un plan de restructuration mais les analystes financiers pensent qu’il ne sera pas prêt pour le 26 octobre, date de la présentation des résultats du troisième trimestre. Mais il faudra sans doute davantage pour séduire les investisseurs. Pour plusieurs experts, TeliaSonera doit mettre de l’ordre dans son portefeuille et prendre le contrôle des actifs qu’il juge essentiels pour sa croissance, comme Turkcell.